 | Nus actuels Démarche artistique…
Nicolas Gogol écrivait dans Confession d’un écrivain ce qui suit :
« J’ai toujours eu une passion pour la peinture/.../J’aimais particulièrement un de mes paysages au premier plan duquel se dressait un arbre sec et rabougri. A cette époque, je vivais à la campagne et mes juges étaient nos voisins. L’un d’eux, ayant considéré le tableau, hocha la tête et dit : « Un bon peintre choisit un bel arbre, vigoureux, couvert de feuilles bien vertes, et non un arbre sec et rabougri. » Ce jugement vexa l’enfant que j’étais alors. Ce n’est que plus tard que je compris sa signification, que je compris ce qui plaisait à la foule. »
Pour ma part, il m’est difficile de mettre en mot ce que je couche sur mes toiles, il n’y a pas de buts, de messages mais l’unique volonté de mettre en forme et en fond, non pas un instant précis dans le temps d’une expression ou d’un sentiment, mais une période d’une tranche de vie, d’une « rupture » longue dans le temps. A travers ma peinture, j’essaie donc de délivrer non pas un sentiment mais des émotions. Le caractère grave de mes sujets reflète les maux indélébiles qui sont enfouies dans chacun des êtres, c’est dans leur chair, leur posture, leur regard…sans mise en scène, sans artifice que mes sujets nous livrent leur fragilité, leur vulnérabilité. De plus, ma volonté n’est pas de peindre des femmes, mais ces dernières représentent pour moi une symbolique plus appropriée au sens même des « cassures », qui résultent le plus souvent de la bêtise, bestiale et primaire, des Hommes.
Pour conclure, mes femmes, sont belles, très belles, car elles sont enfouies dans une sensibilité qui tend à disparaitre dans le conscient collectif, et le spectateur qui ferait une interprétation purement esthétique, du moins selon ses critères formatés et dictés, et bien qu’il reste dans « la foule »…
Vadim KORNILOFF
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